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Autour de l’absinthe et du pastis.

Le pastis marseillais est devenu un symbole de l’art de vivre provençal. Il a pourtant une origine éloignée du Sud: l’absinthe, chantée par les artistes du XIXe siècle, vient du Jura franco-suisse… De nombreux objets-la plupart du temps publicitaires-se réfèrent à la tradition de l’apéritif.


"La fée verte"Absinthe

L’ennemie des nerfs

L’absinthe est une plante dont on connaît les qualités thérapeutiques depuis la nuit des temps. Qualifiée d’ « ennemie des nerfs » par l’Encyclopédie de Diderot, elle est connue pour être tonique et diurétique. Inventée par le docteur Ordinaire, une liqueur d’absinthe verte est produite dès le début du XIXe siècle à Pontarlier par Henri-Louis Pernod. En 1905, Pontarlier compte 25 distilleries d’absinthe produisant 55 ooo litres par jour. De médicament, l’ absinthe devient un apéritif apprécié dans tous les cafés de France, tout particulièrement grâce à son adoption par les militaires, puis par les artistes. Grâce à un subtil cérémonial, sa consommation constitue un véritable rite, avec ses verres particuliers et ses curieuses cuillères, indispensable pour faire fondre le sucre dans la capiteuse boisson. Un tel succés sera la cause de sa perte. Accusée de tous les maux, et tout particulièrement de rendre fou, l’absinthe est définitivement interdite en 1915.


Picasso-Le-verre-d-absinthe-de-Picassoabsinthe-fee-verteAbsinthe Pernod

De la fée verte au pastis…

Les amateurs remplacent d’abord la Fée verte par des pâles imitations plus ou moins clandestines, confectionnées à base d’anis et de réglisse. Il faut attendre 1932 pour que le Marseillais Paul Ricard invente une recette particulière à laquelle il donne le nom de pastis, c’est-à-dire « mélange ». Il est imité par plusieurs autres marques, chacune ayant leurs amateurs inconditionnels.

Après plusieurs interdictions, le pastis réapparaît définitivement en 1951. Élaboré au moment où se développent les vacances et la société de loisir, le « vrai pastis de Marseille » est devenu l’un des symboles les plus forts de la sociabilité provençale


Apéro-PagnolMarius-Pagnol

Une multitude d’objet

L’apéritif a donné lieu à la création d’objets particuliers recherchés par les collectionneurs. Jusqu’en 1915, la consommation de l’absinthe nécessitait l’emploi d’une cuillère, ou pelle. Placée sur le dessus du verre, elle accueillait le morceau de sucre sur lequel on versait l’eau goutte à goutte. De formes et de matériaux divers, les cuillères à absinthe se trouvaient jadis facilement sur les marchés aux puces. Une certaine  mode les à rendues relativement rares et très recherchées. Les anciens verres à absinthe sont eux aussi décoratifs. Ayant souvent la forme d’un verre à pied, ils peuvent être soufflés, gardant de cette opération des petites bulles dans l’épaisseur du verre.

Les verre à pastis récents sont de forme plus simple. Ceux dont on se sert dans les cafés portent souvent le nom et les couleurs d’une marque. Ils peuvent être assortis à des carafes pour l’eau. Les verres à pastis les plus petits sont appelés mominettes. Les amateurs collectionnent aussi les cendriers ou des réclames de produits consommés à l’apéritif.


Carafes ou pichets à eau


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Photos de "MimiduLac"

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Une réponse à "Autour de l’absinthe et du pastis."

  1. […] la nuit ». Hommage à celui qui y but plus que de raison… Depuis cette époque, le pastis a remplacé l’absinthe accusée, à tort ou à raison, d’avoir provoquée la folie chez certains artistes notamment. […]

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